Pavillon national, vitrine de la création plastique sénégalaise

Le Musée des Civilisations noires a accueilli, entre autres le Pavillon du Sénégal, dans le cadre de la quatorzième édition de la Biennale de l’art africain (Dak’Art 2022- 19 mai-21 juin), placée sous le thème « Ĩ’ Ndaffa#/ Forger/Out of the fire ». Dak’Art se veut d’être une plateforme de rencontre et de confrontation, un espace de validation et de légitimation de la création artistique africaine contemporaine. La Biennale de Dakar est aussi un cadre de méditation et de valorisation des esthétiques africaines qui sont, par essence, complexes voire métisses. Elle matérialise une Afrique positive dont le destin est de jouer sa partition dans le concert des nations. Ce Pavillon du Sénégal qui continue à accueillir du monde est une vitrine de la création plastique sénégalaise. Le thème de cette édition est «Loositoo» qui signifie en mandingue «fagot de bois». L’idée est de mettre en cohérence le projet générique de la Biennale de Dakar avec cette proposition curatoriale. « Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle rapporte le fagot qu’il lui plaît… » Birago DIOP* (Les contes d’Amadou Koumba, Paris : Présence Africaine, 1961, p. 31) La mémoire fonctionne de manière sélective chez le conteur DIOP. L’art est une posture de la mémoire. Le commun vouloir de vivre en commun relève aussi de la mémoire. C’est par la conjugaison de la mémoire qu’une nation (en construction permanente) devient une homothétie d’un État. Loositoo se projette, d’abord, sur une aire géographique commune. Le Pavillon du Sénégal est une forme de représentation esthétique d’une géographie de l’un comme projet sans cesse renouvelé. Une géographie multiple également. Car une carte est une limite physique dépassée par d’autres aires, mentales celles-ci. Cybernétique, onirique, prospective, idéale, idéalisée, mémorielle, émotionnelle, sensorielle, relative, politique, gymnique, géopolitique, historique… autant de morceaux de bois, mort en apparence Loositoo*, c’est le fagot de bois qui entretient la flamme et renouvelle le cycle de la vie. Il est une latence potentielle qui donne du sens à notre mise en univers car l’un est essentiellement monde. Tous humains, nous sommes. Les régions politiques ont pour dessein de mieux valoriser celles naturelles. Celles-ci sont surtout autant de prétextes esthétiques du Pavillon Sénégal qui se confondent et se différencient d’autres régions intangibles et bien réels. La célébration des trente années de la Biennale a été reportée à cause de la pandémie de la Covid 19. Le report n’élide pas celle-ci qui est une question posée à multiples échelles. Avec le corona virus actif dans toutes les parts du monde, beaucoup de fausses certitudes ont été pulvérisées.