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L'HISTOIRE DU MCN

Du Musée négro-africain de Dakar au Musée des Civilisations noires
Le conseil interministériel exclusivement consacré au Musée négro-africain, présidé le 24 janvier 1974 par le Président Léopold Sédar SENGHOR, avait déclaré « d’utilité publique » ce musée qui devait être construit à Dakar, sur la corniche ouest, dans le cadre d’un Forum culturel.

Le MCN est donc avant tout l’expression d’un besoin propre à un contexte historique précis. Son origine s’ancre dans les racines idéologiques de la Négritude face à une dévalorisation des héritages, historiques technologiques et culturels des civilisations noires. À l’époque, devant les constructions théoriques qui définissaient des catégories raciales bientôt obsolètes, les stratégies communes transcontinentales prenaient forme à l’intérieur des grandes rencontres panafricaines parmi lesquelles la Conférence panafricaine de Londres (23-25 juillet 1900), le Congrès panafricain de Manchester (15-21 octobre 1945) et la Conférence d’Accra (15-22 avril 1958). Outre ces manifestations à forte teneur politique contre les inégalités, les deux Congrès des écrivains et artistes noirs (Paris 1956 et Rome 1959) marquent la naissance de discours qui ajoutent une facture culturelle et artistique à ces dynamiques déjà globales.

Cependant, malgré des études prometteuses réalisées par les plus grands experts de l’époque avec l’appui de l’UNESCO le projet sera abandonné au début des années 1980.

Le MCN est aussi l’héritier du Musée dynamique inauguré en 1966 par le Président SENGHOR pour les besoins du 1er festival mondial des arts nègres et qui organisa par la suite des expositions prestigieuses parmi lesquelles, celles de Marc CHAGALL en 1971, de Pablo PICASSO en 1972, de Fritz HUNDERTWASSER en 1973, de Pierre SOULAGES en 1974, d’Alfred MANNESSIER en 1976, d’Iba NDIAYE en 1977, etc. Les premiers salons nationaux des artistes plasticiens sénégalais y seront également organisés. Sa fermeture définitive a créé un vide considérable que le MCN se doit aussi de combler. En somme le MCN est le fruit d’un long processus, accompagné de changements majeurs depuis plus d’une cinquantaine d’années. C’est donc un projet évolutif, façonné par une riche histoire intellectuelle et culturelle qui doit célébrer les Civilisations noires dans le temps du monde.

Dimension historique et géoculturelle du Musée des Civilisations noires

Avec le MCN, le Sénégal réalise un des rêves du monde noir et ambitionne d’être le carrefour du dialogue des cultures, socle d’une paix durable dans un monde globalisé.

La dimension historique et géoculturelle très étendue du MCN doit permettre au Sénégal de renforcer sa vocation de terre de culture et de creuset des civilisations noires dans leurs diversités, leurs continuités, leurs ruptures et leurs aspirations communes au dialogue des civilisations. Il s’agit donc de promouvoir une culture de la paix fondée sur l’acceptation de l’unité plurielle de notre humanité qui ne peut se réaliser que dans la reconnaissance positive de nos différences.

Il ne sera donc pas un monument commémoratif mais un espace de célébration de l’estime de soi articulée à une ouverture permanente sur les défis de notre temps. Cette vocation en fera un laboratoire de créativité au service des communautés noires ouvert sur un espace monde devenu global et, forcément, métis.

Le MCN sera aussi un instrument de promotion des continuités culturelles, un liant des mondes noirs dont la fragmentation issue de la déportation, des frontières politiques héritées de la colonisation, ou encore des migrations anciennes et récentes doit impérativement être transcendée et dépassée. En ce sens, il sera, à travers la créativité et les échanges, un espace de redécouverte et de promotion des valeurs en partage, ce qui lui permettra d’alimenter le plaidoyer pour l’unité du continent africain et de toutes les communautés noires.

En ce sens il sera donc un espace de défragmentation de l’unité rompue d’une civilisation qui a soif de réunification dans la modernité.