Le MCN se positionne comme un musée évolutif qui n’est pas taillé dans le marbre pour rester attentif aux préoccupations d’un monde qui bouge ; les Civilisations noires étant elles-mêmes dans le temps du monde. Il sera aussi un lieu d’études, de prospection et de production de savoirs sur le monde noir dans une contemporanéité globale. En effet depuis la fermeture de l’Université des mutants, qui était un extraordinaire lieu de fabrication de savoirs, le Sénégal a perdu son leadership dans ce domaine et nous consommons plus que nous ne fabriquons. Il s’agit de reprendre l’initiative, notamment autour des questions les plus exigeantes des temps modernes. Les grandes lignes projet scientifique et culturel du MCN sont les suivantes:

Les missions du MCN

1La réhabilitation de l’inventivité et de la créativité:
Contrairement à des idées reçues, l’éducation traditionnelle en Afrique était un espace dédié tout entier à la créativité. Cultiver la créativité, dès le plus jeune âge, à partir des références culturelles de chez nous, est peut-être un des moyens les plus adaptés pour promouvoir un africain inventif, enraciné et apte à participer, non pas en qualité de consommateur, mais de producteurs dans tous les secteurs d’activité.
En résumé, le MCN, en raison de son envergure et des questions d’intérêt mondial qu’il doit prendre en charge, est aujourd’hui la seule entité muséale en mesure de refaire du Sénégal une capitale intellectuelle et culturelle du monde noir. Il sera, enfin, un instrument de développement en intensifiant les flux touristiques et en contribuant à l’épanouissement des industries de la culture à partir d’une vision rénovée du musée acteur du développement.
2La place de la recherche dans le MCN

La recherche joue un rôle important dans l’atteinte des objectifs du MCN. La recherche, et notamment l’étude des collections, constitue une des fonctions principales des musées. C’est uniquement par le biais des connaissances issues de la recherche que le plein potentiel des musées peut être réalisé et présenté aux publics. C’est la raison pour laquelle un Centre d’Études des Civilisations noires (CECN) a été créé au sein de la Direction de la Recherche avec trois (3) Services principaux : Le Service des programmes de recherche et des publications; Le Service de la conservation des collections; Le Service de la Bibliothèque chargé de la gestion, de la conservation et de la consultation des ouvrages et des manuscrits.

3Les partenariats avec les musées
Le partenariat et la circulation des collections constituent des exigences pour le MCN qui a vocation de rendre compte du dynamisme des civilisations noires sans posséder toutes les collections y afférent ; ce que d’ailleurs aucun musée dans le monde ne peut faire. Pour réaliser sa synthèse programmatique, le MCN doit impérativement développer des partenariats et encourager la circulation des collections. Le MCN aura une politique de partenariat très forte. Il participera activement à l’initiative historique du Président français Emmanuel MACRON qui va organiser la restitution ou la circulation des biens africains dans les musées africains. L’existence de plusieurs musées au Sénégal et à travers le monde doit favoriser la collaboration pour organiser des expositions, organiser des formations et des séminaires à l’intention des personnels, etc.
4La promotion de la culture de l’émergence:
Avec les nombreuses déclinaisons des plans émergents sur le continent africain, il est devenu impératif de convoquer la culture pour l’inculturation du projet. La culture de l’émergence se construit et se partage. Nous devons y gagner toutes les populations et notamment les plus jeunes qui doivent comprendre et accepter que le courage, ce n’est pas risquer sa vie dans la Méditerranée, mais plutôt c’est avoir l’audace de transformer son quotidien par le travail, la discipline et le respect de la chose publique.
5Le renforcement des continuités culturelles pour la promotion du projet de l’Unité africaine:
En ce sens le MCN sera un laboratoire et un observatoire de l’intégration par la culture au service des décideurs politiques. Il fera donc recours au patrimoine culturel, matériel et immatériel pour revisiter nos continuités manuscrits.